La loi du 5 juillet 2000 fait obligation aux communes de plus de 5 000 habitants de proposer une aire d’accueil aux gens du voyage.
Dès notre arrivée à la tête de la commune en 2001, nous avons eu à considérer le problème.
La Préfecture nous a donc imposé la création d’un terrain sur la Commune, tout en imposant de la même façon la création d’une aire de grand passage (140 places) sur la Commune de Lentilly près de la RN7.
En conséquence, nous avons proposé à la Préfecture du Rhône un terrain susceptible de répondre à l’obligation de créer une aire d’accueil de 40 places. Situé sur les terrains Duret, de l’autre coté du chemin du Pont Piéron derrière le stade municipal, et à proximité de l’aire existante (8 places), ce lieu nous semblait convenir parfaitement avec un accès facile depuis la RN7.
Il nous semblait normal de nous conformer à la loi d’autant plus que le projet était à cette époque financé à 100% par l’Etat sous forme de subventions, pour toute structure crée avant fin 2005. Un dossier complet avait été monté en partenariat avec des aménageurs spécialisés.
Dans le même temps, et parce que ce problème d’accueil concerne également les communes voisines confrontées très souvent à l’envahissement de leurs espaces privés ou publics, nous avons proposé à la CCPA une compétence visant à gérer de manière communautaire ce problème.
La CCPA a donc repris le dossier en état et en gère depuis l’aspect administratif et financier.
Peu après, la Préfecture ayant refusé le terrain Duret proposé par L’Arbresle, en avançant les problèmes d’inondabilité du lieu, il a donc fallu chercher un autre lieu d’accueil. Ce choix dépend maintenant de la Communauté de Communes. Les discussions en CCPA sont soudainement devenues plus difficiles, aucune commune n’étant finalement vraiment désireuse d’accueillir cette aire.
La solution, enfin retenue sur le site des Terres Rouges à Sain Bel, et validée dans un premier temps par la Préfecture, a été abandonnée suite aux protestations des commerçants de la zone des Martinets et des riverains.
Par obligation, et parce que L’Arbresle reste a ce jour la seule commune de plus de 5000 habitants, donc la seule à avoir l’obligation légale de ce type d’accueil sur son territoire, les gens du voyage, qui connaissent la loi, viennent s’installer sur la commune en nous reprochant de n’avoir aucun terrain à leur proposer. L’Arbresle subit donc les contraintes d’un dossier qu’elle ne gère plus directement.
Etant en infraction, la Commune ne peut pas imposer une expulsion immédiate, et les recours en Préfecture sont très longs.
Nous avons donc reproposé le terrain Duret à la CCPA et à la Préfecture. Il semble que maintenant, devant l’urgence de la situation et parce que aucune autre commune ne veut s’engager, le dossier devienne acceptable !
Les gens du voyage, chassés par les travaux du Lycée du lieu qu’ils occupaient à Grand Champ, se sont installés pour partie, sur le parking de l’ancien SuperU, rue Gabriel Péri. Ce terrain est privé, et fait actuellement l’objet d’une procédure de vente entre particuliers pour des projets immobiliers. Seuls les propriétaires du terrain peuvent porter plainte pour envahissement et demander une procédure d’expulsion. Ce qui n’a pas été fait jusqu’à maintenant.
Le Maire de la Commune, détenteur du pouvoir de Police, peut seulement intervenir en cas de troubles graves et répétés de l’ordre public, ce qui n’est pas le cas actuellement. Pouvoir de Police difficile, d’autre part, à mettre en œuvre, car la Commune est en infraction par rapport à la loi et ne peut proposer aucune solution immédiate de repli sur le territoire municipal.
Nous sommes bien conscients que cette présence de caravanes en centre ville donne une image peu flatteuse de notre cadre de vie.
Nous subissons tous ensemble, sur la Commune, autant les riverains que les gens du voyage, une situation difficile dont nous ne maîtrisons plus totalement la gestion, mais dont nous espérons une issue rapide suite à nos nouvelles propositions.
Nous regrettons que les solutions que nous avions proposées dès 2001, rejetées sans appel dans un premier temps, soient reprises faute de mieux 7 ans après par la CCPA et la Préfecture.










Les Tziganes-Gens du Voyage sont français depuis de nombreuses générations. Ils ont payer un lourd tribut à l’Histoire. N’oublions pas le Samudaripen – équivalent de la Shoah – dont plus de 500 000 d’entre eux furent victimes par le régime nazi, pas plus que leur internement dans des camps gérés par l’Etat français jusqu’en 1946 !
Deux lois Besson (1990 et 2000) n’ont pas suffi, à ce jour, à leur accorder tout simplement le DROIT DE VIVRE selon leur mode de vie itinérant.
Plus de 7 ans après la loi du 5 juillet 2000, moins de 20 % des emplacements prévus sont réalisés. La plupart des municipalités sont dans l’illégalité.
Merci à celles qui ont le courage de se conformer à la loi et qui font des efforts pas souvent reconnus pour offrir au peuple tzigane – depuis 6 siècles sur notre territoire – quelques mètres carrés pour poser leur caravane. Le voyage leur permet de travailler. C’est un peuple accueillant et attachant… à condition d’aller à leur rencontre pour les connaître.
Je vous rejoins totalement. Les gens du voyage, qu’ils soient tziganes ou autres sont des communautés respectables qui ont choisi un mode de vie différent.
Consciente des difficultés d’accueil subies par ces familles et aussi dans un souci de réunion des populations, notre équipe a, dès son arrivée aux affaires municipales, proposé un schéma d’aménagement cohérent afin que cet accueil soit véritablement un accueil solidaire et ouvert vers l’autre.
Et non pas un simple terrain pour satisfaire à l’obligation légale.
Malgré notre engagement et notre bonne volonté, le problème n’a pu effectivement être réglé dans des conditions satisfaisantes pour tous.
Il est bien évidemment, dans nos objectifs, de relancer cette problématique, pour le prochain mandat, dans le cadre de la Communauté de Communes du Pays de L’Arbresle.
Nous y serons particulièrement vigilants.